Dans une vieille chanson de Serge Gainsbourg, sa partenaire (Jane Birkin) lui dit « Je t’aime », et il répond « Moi non plus ». C’est à peu près ce que chantent les partisans et les ennemis de la privatisation du système de santé canadien : « J’aime la privatisation — Moi non plus. »
Lors de l’assemblée annuelle de l’Association médicale canadienne (AMC) tenue cette semaine à Montréal, le président sortant, Brian Day, a défendu les « partenariats public-privé » (PPP). Un journal rapporte que le nouveau président, Robert Ouellet, « a adopté une position plus ferme que celle du Dr Day en faveur de la privatisation ». Une position plus ferme ? « Qu’il soit bien clair, a déclaré le Dr Ouellet dans son discours inaugural, que je ne parle pas de privatiser le système de soins de santé. » La présidente de l’Association des infirmières et infirmiers autorisés de l’Ontario (eh ! oui, c’est leur nom) y est allée de son moi-non-plus, tout en ajoutant : « La vision d’une plus grande concurrence via la privatisation qu’entretien le Dr Ouellet est en continuité avec la vision de son prédécesseur. »
Suivez le guide dans la tour de Babel de la supposée « privatisation ».
Les PPP en fournissent un bon exemple. Sauf dans un régime d’esclavage, chaque individu est une personne privée ; par conséquent, tout ce qui se fait dans le secteur public relève du PPP. Les bureaucrates demeurent des personnes privérs même s'ils sont officiellement embauchés pour travailler à l’atteinte d’objectifs publics. Quand ils occupent un emploi dans le secteur public, les individus demeurent motivés par leur intérêt personnel — ce qui explique pourquoi les fonctionnaires forment des syndicats et font la grève.
En pratique, les PPP représentent un moyen de contourner l’inefficacité de l’administration publique. Au lieu de confier à des bureaucrates la gestion d’un hôpital ou (pour prendre un exemple plus canadien) de sa buanderie, on sous-traite le travail à une entreprise privée, laquelle est financièrement motivée à faire un bontravail. Mais si les bureaucrates pouvaient être sanctionnés et congédiés comme les salariés du secteur privé et si les politiciens faisaient face à des incitations analogues à celles des dirigeants privés, on réaliserait des PPP sans recourir à des entités corporatives externes.
Les syndicats de fonctionnaires ne représentent qu’un aspect de l’inefficacité de l’État. L’État est inefficace au sens où, sauf exception, il est incapable de satisfaire et de réconcilier les préférences diverses de tous les individus. Les marchés — c’est-à-dire les échanges décentralisés effectués par les individus dans un contexte de propriété privée — sont bien plus efficaces. Et c’est seulement quand cela n’est pas vrai qu’un citoyen rationnel (je dis bien « citoyen », pas « marionnette de l’État ») choisira de recourir à l’intervention étatique.
L’État obèse dont nous souffrons est inefficace dans la plupart de ses activités. Il est mouliné pour la redistribution, c’est-à-dire pour voler Paul au profit de Pierre.
Il est vrai que dans ce contexte, en supposant qu’aucune réforme fondamentale ne soit possible, les PPP offrent éventuellement une solution de pis-aller. Mais elle est souvent illusoire. Il n’y a pas de miracle. On voit souvent l’avantage des PPP dans le transfert du risque à des investisseurs privés, mais ceux-ci ne l’assumeront que moyennant contrepartie. L’État ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre, comme le voudrait la bureaucratie des transports publics de Londres (en Angleterre): elle souhaite mettre fin à un PPP réussi, dans lequel un consortium de compagnies privées gère les passes informatisées des voyageurs, pour cette raison que le consortium profite de coûts d’opération réduits alors qu’une rémunération fixe a été conclue au début du contrat ! (The Economist, 14 août 2008)
Il faut envisager une vraie réforme. Le système public de soins de santé a besoin d’une véritable concurrence de la part d’organismes privés qui ne seraient pas que des sous-traitants étroitement réglementés et des partenaires mineurs. Il faudrait que des initiatives privées soient libres de faire concurrence au secteur public. C’est bien parce que les défenseurs du statu quo savent que les bureaucrates ne pourraient gagner au jeu de la concurrence qu’ils veulent tellement maintenir le monopole du secteur public.
Le refus d’envisager une véritable réforme mène à l’absurdité du débat actuel. D’un côté des barricades, on veut conserver le système de santé le plus soviétisé en Occident. De l’autre, on propose de canaliser plus d’incitations privées au service du système étatique ou, dans les termes de l’économiste Philip Wicksteed, « d’attacher l’individualisme au train du collectivisme » (The Common Sense of Political Economy, 1910). Dans ce débat tronqué, si on peut appeler cela un débat, on ne trouve, du moins parmi l’establishment, aucun défenseur d’un secteur libre des soins de santé.
Le Toronto Board of Health a ordonné à un apiculteur de cesser de faire goûter des échantillons de son miel à son stand d'une foire annuelle de Toronto, arguant que manger quoi que ce soit là où il y a des animaux représente un risque pour la santé publique.
Le gouvernement fédéral embauchera cette année 58 nouveaux inspecteurs d'aliments, qui s'ajouteront aux 200 nouvelles embauches des deux dernières années.
Le processus tortueux d'approbation réglementaire dans le Nord — surtout dans les Territoires du Nord-Ouest — a contribué plus que n'importe quoi d'autre à réduire les investissements.
Mel Fruitman, vice-président de l'Association des consommateurs du Canada, suggère que la viande avariée de Maple Leaf's devrait nous amener « à nous interroger sur toutes les autres compagnies et à nous demander si l'Agence canadienne d'inspection des aliments fait le travail qu'elle devrait faire ».
« Il manque un gros barreau dans l'échelle du succès à cause de ces coupures de fonds », déclare Neil Dixon, président de Canadian Music Week, une foire subventionnée qui se tient chaque année à Toronto.
Le président du syndicat des conducteurs d'autocars de Greyhound dans l'Ouest demande à ses membres de restreindre les bagages à main après la décapitation du mois dernier.
La Fondation canadienne pour les libertés constitutionnelles interviendra en faveur d'une personne qui s'est vu ordonner par le Saskatchewan Human Rights Tribunal de payer 17 500 dollars à quatre personnes offensées par ses pamphlets et de ne plus diffuser de pamphlets semblables.
« Le lien entre la culture et l'environnement est la voie de l'avenir, a déclaré le leader libéral Stéphane Dion. Nous entrons dans une économie fondée sur le savoir et l'innovation, et les artistes sont ceux qui apportent créativité et création. »
Les grands industriels et leaders de la transformation de la viande s'opposent à une mesure du gouvernement conservateur qui supprime l'obligation de faire approuver les étiquettes des produits.
Un groupe d'universitaires américains lance une campagne contre la tenue du congrès annuel de l'American Political Science Association l'an prochain à Toronto, soutenant que les restrictions à la liberté d'expression dans certains domaines fait planer le risque de poursuites contre des universitaires controversés.
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